Plus besoin de doigts pour compter le nombre de jours qu'il me reste à faire dans les rayons amazoniens puisqu'aujourd'hui était mon dernier jour. Solennellement, j'ai pédalé pour une dernière fois dans la nuit vers 5h15 pour me diriger à l'entreprise, j'ai badgé mon entrée et ma sortie pour la dernière fois, j'ai scanné une tote, une bin et une asin pour une dernière fois, ai entendu la sonnerie pour la dernière fois, ai passé les portiques de sécurité pour une dernière fois et enfin j'ai fini par rendre mon badge, rendre une partie de moi qui habitera peut-être toujours dans la tête des gens qui continuent d'y travailler. La vie là bas continue sans moi et je continue également sans eux.
J'ai eu un sourire en sortant du boulot car malgré le travail fastidieux et ennuyeux qui remplissait mes journées là bas ainsi que mon air un peu bougon et habituel avant de commencer le service, j'ai eu un petit pincement au coeur à la fin de cette journée en disant au revoir à tout le monde. Je me rends compte à quel point je suis attachée au moindre souvenir. Souvenirs qui bien sûr me rassurent toujours car il ne sont justement pas l'inconnu et donc ce qui m'attend bientôt. En même temps, je me sens enfin libre et peux me consacrer totalement à mon projet de voyage. Les prochains jours vont être tournés vers la préparation. Je sens comme un nouvel air à respirer et ça fait beaucoup de bien !
Chers Amazoniens et Amazoniennes, sachez que même si le stress du taux de productivité et l'ennui profond causés par la tâche qui nous était incombée faisaient souvent partis de nos journées, je salue votre sympathie qui elle, malgré le temps, était toujours au rendez-vous. C'est ce qui m'a permis (outre ma volonté personnelle) de rester un moment dans cette entreprise.
Croyez bien que j'aurai une pensée pour vous tous en souhaitant que vous aussi vous partiez vers vos horizons !
vendredi 30 janvier 2009
jeudi 29 janvier 2009
Thomas l'a imaginé mais elle n'existe pas...
Thomas More l'a imaginé mais Utopia, cette cité qui invite ses citoyens à la sérénité, au partage, à la paix et à l'égalité, est un monde figé dans l'esprit de son créateur et couché sur des pages blanches qui jamais, hors du temps et hors de l'espace comme s'il était le seul endroit sur terre défiant la temporalité, ne se transformera puisqu'il ne se confronte pas au rythme de l'Histoire et des bouleversements mondiaux...
Tout homme rêve d'évasion, de voyage. Il rêve d'exotisme, un ailleurs qu'il peut imaginer comme il l'entend, en harmonie avec la recherche de son bonheur, de ses désirs, de ses espoirs... Il rêve de son Utopie à lui qui lui permet sans nul doute d'échapper à la grisaille du quotidien. Ainsi Emma [Bovary] rêvait à travers ses nombreuses lectures qui lui faisait oublier sa triste vie.
Plus ce sentiment d'attraction, de séduction du rêve s'accroit, plus il devient difficile de ne pas sortir sa langue de son lieu chaud et confortable qu'est sa bouche pour en goûter la saveur. L'expérience est risquée car on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. Dans certaines situations, l'essai peut se transformer en une réussite. Malheureusement, le goût peut également apparaitre amer et la confrontation avec la réalité est parfois brutale quand son rêve semble devenir totalement étranger à cette réalité. Un vaste sentiment de désenchantement. Le rêve n'est plus car l'homme ne peut plus contrôler ce qui l'entoure. Tout existe sans lui, hors de lui, indépendamment de sa personne. Il n'a plus d'emprise sur cette réalité qui vient narguer son rêve.
C'est à tout cela que j'ai songé en lisant un article posant la question du Canada comme d'un Eldorado pour les immigrés français. Alors qu'Utopus avait rendu l'accès à Utopia difficile afin d'exiger des aventuriers un certain effort à fournir pour pouvoir entrer dans la communauté, il semble que pour pouvoir s'intégrer dans la société canadienne, le parcours peut s'avérer plus compliqué que ce qu'on s'était imaginé (et ce qu'on avait aussi bien voulu nous faire voir) et pour certains peu fructueux.
Il y a des histoires d'amour qui durent et d'autres qui se meurent après bien des désillusions.
Voici l'article paru sur le site www.cyberpresse.ca le 10 décembre 2007 :
------------------------------------------------------------------
«On est vraiment des étrangers, ici»
Les Français Rodolphe et Christine Claret posent devant leur demeure vendue à Beloeil, avant leur départ pour retourner en France.
Les Français Rodolphe et Christine Claret posent devant leur demeure vendue à Beloeil, avant leur départ pour retourner en France.
Isabelle Hachey
La Presse
On n'a pas entendu beaucoup de Français à la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables. S'il y a une communauté que l'on croyait bien intégrée au Québec, c'est bien celle-là. Pourtant, certains d'entre eux subissent tout un choc culturel quand ils débarquent dans la Belle Province.
Rodolphe et Christina Claret ont adopté le Québec en mai 2005. Ils ont vendu leur resto et leur maison à Nice et sont partis avec leurs deux enfants pour ce qu'ils croyaient être le pays de toutes les chances. En février, ils retourneront en France. Amers, déçus et avec le désagréable sentiment d'avoir été bernés.
En presque trois ans, le couple a vécu de petits boulots, cumulé les échecs professionnels, encaissé un peu trop souvent à son goût les remarques sur les «maudits Français».
Pour eux, le choc culturel a été dur. «Le froid, c'est peut-être ce à quoi on s'est le mieux adapté, dit M. Claret. On est vraiment des étrangers, ici. On nous avait pourtant laissé entendre qu'on était les bienvenus.»
Avant de s'embarquer dans cette aventure, le couple avait assisté, en 2003, à deux réunions d'information de la délégation du Québec en France. «Ils nous ont bien vendu leur salade. C'était un beau «package», ils nous montraient des graphiques, des photos, raconte M. Claret. On avait envie d'y croire.»
Yann Hairaud connaît trop bien le refrain. «Dans le discours des gens, cela revient de manière systématique», dit celui qui dirige une agence d'aide à l'intégration au travail des immigrés francophones.
«Le Québec établit des cibles d'immigration et a beaucoup de difficulté à atteindre ses objectifs», souligne M. Hairaud. Or, à l'heure où l'usage du français recule dans la province, le gouvernement a tout avantage à attirer nos «cousins» en grand nombre. «Tout ça fait que, en France, on a plutôt tendance à forcer le trait sur les côtés positifs du Québec», constate-t-il.
Comme le couple Claret, plusieurs Français disent avoir été trompés par la délégation, qui leur aurait promis une vie facile dans une contrée idyllique pour mieux les attirer au pays de la «sloche» et des urgences bondées. «C'étaient des officiels, alors on leur a fait confiance. Ils nous encourageaient à partir en nous disant que tout irait bien», raconte Françoise Manauté, qui a vécu quatre ans au Québec et qui a flambé toutes ses économies dans l'aventure.
«La délégation a peut-être un quota à remplir», avance François Lubrina, conseiller de l'Assemblée des Français à l'étranger. Ces propos font bondir Claude Fradette, porte-parole du ministère de l'Immigration. «Au tout début des efforts pour faire connaître le Québec à l'étranger, c'est sûr que les gens étaient un peu malhabiles et ont confondu information avec vente. Mais on a reçu beaucoup de critiques et, honnêtement, aujourd'hui, on est si prudent qu'on se trouve un peu «drabe»!»
«On dit les choses de façon claire, ajoute M. Fradette. Il reste que, sur le marché international, on est en compétition avec d'autres pays. Alors oui, il faut être honnête, mais on ne pourra pas nous reprocher de mettre en valeur les aspects plus positifs du Québec!»
Un certain malaise
Chaque année, environ 3000 Français s'installent au Québec. C'est leur destination préférée en dehors de l'Europe. Le problème, c'est que plusieurs s'en font une image romantique et partent sur un coup de tête. Ils croient qu'ils n'auront pas à s'adapter puisqu'ils trouveront un bout de France en Amérique alors qu'ils émigrent dans une Amérique qui parle français. Nuance.
«Le premier choc pour les Français qui arrivent au Québec, c'est de se rendre compte que les Québécois ne sont pas des Français. Il y a toute une différence de culture, un côté nord-américain auquel ils ne s'attendaient pas», explique Maguelone Boé, psychothérapeute qui vient en aide à ses compatriotes en détresse.
Mais le malaise ne s'arrête pas là, selon Olivier Perez, directeur général de l'Union française à Montréal. «Il y a un certain nombre de choses qui agacent la communauté française. Le terme «maudit Français», pour nous, ça commence à devenir un terme raciste.» Mme Manauté, qui a quitté le Québec en 2004, a durement vécu sa condition de minorité audible. «Je finissais par ne plus vouloir parler en public pour ne pas me faire repérer!»
C'était inévitable: les frustrations d'une minorité d'immigrés français désillusionnés ont fini par déborder sur l'Internet. Salement. Yann Takvorian a vécu 12 ans au Québec avant de retourner en France, il y a quelques mois. Là-bas, raconte-t-il dans son site, immigrer-contact.com, il se sent «plus homme» et n'a plus à «baisser la tête comme avant, devant ces matrones misandres qui conduisent cette province».
Le site de M. Takvorian compte des dizaines de témoignages, parfois très virulents, d'immigrés déçus de leur expérience au Québec. Ils y critiquent la xénophobie ambiante, le corporatisme des ordres professionnels, le système de santé tiers-mondiste, les ratés de la réforme scolaire.
Bien que très marginaux, des sites comme celui-ci ou comme bienvenue-au-quebec.com, encore plus venimeux, servent de défouloir à ceux qui avaient cru trouver ici un eldorado mais qui se sont butés à une réalité moins rose, dit M. Perez. «Ils y ont cru, ils ont voulu et, finalement, ils se sont rendu compte que ce n'était pas possible.»
Pour la plupart des Français, le vrai problème reste la non-reconnaissance de leurs diplômes au Québec. «Le gouvernement sélectionne ses immigrants qualifiés sur leurs diplômes, mais les ordres professionnels leur interdisent le droit d'exercice et le gouvernement s'en lave les mains. J'ai vécu dans 10 pays, j'ai été ingénieur partout sauf au Québec», dénonce M. Takvorian, joint par téléphone.
«La plupart des gens sont déçus de la situation, confirme M. Hairaud. Ils ne comprennent pas pourquoi c'est si compliqué alors qu'on les a sélectionnés justement sur la base de leurs diplômes et de leur expérience.» Mme Manauté, 60 ans, en rage encore: «Vous nous traitez comme si nous sortions de l'école!»
En juillet, le premier ministre Jean Charest a promis de régler le problème pour fêter le 400e anniversaire de la fondation de Québec, l'an prochain.
«Si on règle effectivement ce problème, le flux migratoire français va être beaucoup plus dense», prédit M. Lubrina. D'ici là, ajoute-t-il, le Québec restera plutôt une porte de sortie pour les immigrés déçus. «Dans mon entourage, au moins la moitié sont partis», soutient M. Claret. Comme beaucoup d'autres, il affirme que «70% des Français retournent dans leur pays». Mais personne ne peut fournir une étude pour appuyer ce taux d'échec astronomique.
Depuis des années, la proportion de Français qui retournent en France fait l'objet d'une importante controverse. «Il y a une forte légende urbaine à ce propos», déplore M. Fradette. Selon le Ministère, qui jumelle ses données avec celles de la régie de l'assurance maladie, seulement 20% des Français quittent la province.
Mais si le Québec reste sourd aux doléances de la communauté française, il risque d'en payer le prix, soutient M. Lubrina. «La réputation du Québec commence à être altérée par les propos que tiennent les immigrés frustrés qui rentrent au pays. Cela va devenir contre-productif pour le Québec.» Déjà, ces griefs ont trouvé écho en août dans un article du Wall Street Journal en ligne, intitulé Les échecs de l'immigration française au Québec: aller simple vers les problèmes?
«Ici, en France, quand je parle du Québec, soit on me dit qu'on y est allé en vacances, soit on connaît plein de monde qui en est revenu dans la misère et la rage. Ce n'était pas comme ça il y a 15 ans, affirme M. Takvorian. Le Québec n'est pas le pays de cocagne qu'on leur a vendu.»
Pour Rodolphe Claret, le rêve a pris fin depuis longtemps. Et le réveil a un goût bien amer. «J'ai perdu trois ans de ma vie.»
------------------------------------------------------------------
Tout homme rêve d'évasion, de voyage. Il rêve d'exotisme, un ailleurs qu'il peut imaginer comme il l'entend, en harmonie avec la recherche de son bonheur, de ses désirs, de ses espoirs... Il rêve de son Utopie à lui qui lui permet sans nul doute d'échapper à la grisaille du quotidien. Ainsi Emma [Bovary] rêvait à travers ses nombreuses lectures qui lui faisait oublier sa triste vie.
Plus ce sentiment d'attraction, de séduction du rêve s'accroit, plus il devient difficile de ne pas sortir sa langue de son lieu chaud et confortable qu'est sa bouche pour en goûter la saveur. L'expérience est risquée car on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. Dans certaines situations, l'essai peut se transformer en une réussite. Malheureusement, le goût peut également apparaitre amer et la confrontation avec la réalité est parfois brutale quand son rêve semble devenir totalement étranger à cette réalité. Un vaste sentiment de désenchantement. Le rêve n'est plus car l'homme ne peut plus contrôler ce qui l'entoure. Tout existe sans lui, hors de lui, indépendamment de sa personne. Il n'a plus d'emprise sur cette réalité qui vient narguer son rêve.
C'est à tout cela que j'ai songé en lisant un article posant la question du Canada comme d'un Eldorado pour les immigrés français. Alors qu'Utopus avait rendu l'accès à Utopia difficile afin d'exiger des aventuriers un certain effort à fournir pour pouvoir entrer dans la communauté, il semble que pour pouvoir s'intégrer dans la société canadienne, le parcours peut s'avérer plus compliqué que ce qu'on s'était imaginé (et ce qu'on avait aussi bien voulu nous faire voir) et pour certains peu fructueux.
Il y a des histoires d'amour qui durent et d'autres qui se meurent après bien des désillusions.
Voici l'article paru sur le site www.cyberpresse.ca le 10 décembre 2007 :
------------------------------------------------------------------
«On est vraiment des étrangers, ici»
Les Français Rodolphe et Christine Claret posent devant leur demeure vendue à Beloeil, avant leur départ pour retourner en France.
Les Français Rodolphe et Christine Claret posent devant leur demeure vendue à Beloeil, avant leur départ pour retourner en France.
Isabelle Hachey
La Presse
On n'a pas entendu beaucoup de Français à la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables. S'il y a une communauté que l'on croyait bien intégrée au Québec, c'est bien celle-là. Pourtant, certains d'entre eux subissent tout un choc culturel quand ils débarquent dans la Belle Province.
Rodolphe et Christina Claret ont adopté le Québec en mai 2005. Ils ont vendu leur resto et leur maison à Nice et sont partis avec leurs deux enfants pour ce qu'ils croyaient être le pays de toutes les chances. En février, ils retourneront en France. Amers, déçus et avec le désagréable sentiment d'avoir été bernés.
En presque trois ans, le couple a vécu de petits boulots, cumulé les échecs professionnels, encaissé un peu trop souvent à son goût les remarques sur les «maudits Français».
Pour eux, le choc culturel a été dur. «Le froid, c'est peut-être ce à quoi on s'est le mieux adapté, dit M. Claret. On est vraiment des étrangers, ici. On nous avait pourtant laissé entendre qu'on était les bienvenus.»
Avant de s'embarquer dans cette aventure, le couple avait assisté, en 2003, à deux réunions d'information de la délégation du Québec en France. «Ils nous ont bien vendu leur salade. C'était un beau «package», ils nous montraient des graphiques, des photos, raconte M. Claret. On avait envie d'y croire.»
Yann Hairaud connaît trop bien le refrain. «Dans le discours des gens, cela revient de manière systématique», dit celui qui dirige une agence d'aide à l'intégration au travail des immigrés francophones.
«Le Québec établit des cibles d'immigration et a beaucoup de difficulté à atteindre ses objectifs», souligne M. Hairaud. Or, à l'heure où l'usage du français recule dans la province, le gouvernement a tout avantage à attirer nos «cousins» en grand nombre. «Tout ça fait que, en France, on a plutôt tendance à forcer le trait sur les côtés positifs du Québec», constate-t-il.
Comme le couple Claret, plusieurs Français disent avoir été trompés par la délégation, qui leur aurait promis une vie facile dans une contrée idyllique pour mieux les attirer au pays de la «sloche» et des urgences bondées. «C'étaient des officiels, alors on leur a fait confiance. Ils nous encourageaient à partir en nous disant que tout irait bien», raconte Françoise Manauté, qui a vécu quatre ans au Québec et qui a flambé toutes ses économies dans l'aventure.
«La délégation a peut-être un quota à remplir», avance François Lubrina, conseiller de l'Assemblée des Français à l'étranger. Ces propos font bondir Claude Fradette, porte-parole du ministère de l'Immigration. «Au tout début des efforts pour faire connaître le Québec à l'étranger, c'est sûr que les gens étaient un peu malhabiles et ont confondu information avec vente. Mais on a reçu beaucoup de critiques et, honnêtement, aujourd'hui, on est si prudent qu'on se trouve un peu «drabe»!»
«On dit les choses de façon claire, ajoute M. Fradette. Il reste que, sur le marché international, on est en compétition avec d'autres pays. Alors oui, il faut être honnête, mais on ne pourra pas nous reprocher de mettre en valeur les aspects plus positifs du Québec!»
Un certain malaise
Chaque année, environ 3000 Français s'installent au Québec. C'est leur destination préférée en dehors de l'Europe. Le problème, c'est que plusieurs s'en font une image romantique et partent sur un coup de tête. Ils croient qu'ils n'auront pas à s'adapter puisqu'ils trouveront un bout de France en Amérique alors qu'ils émigrent dans une Amérique qui parle français. Nuance.
«Le premier choc pour les Français qui arrivent au Québec, c'est de se rendre compte que les Québécois ne sont pas des Français. Il y a toute une différence de culture, un côté nord-américain auquel ils ne s'attendaient pas», explique Maguelone Boé, psychothérapeute qui vient en aide à ses compatriotes en détresse.
Mais le malaise ne s'arrête pas là, selon Olivier Perez, directeur général de l'Union française à Montréal. «Il y a un certain nombre de choses qui agacent la communauté française. Le terme «maudit Français», pour nous, ça commence à devenir un terme raciste.» Mme Manauté, qui a quitté le Québec en 2004, a durement vécu sa condition de minorité audible. «Je finissais par ne plus vouloir parler en public pour ne pas me faire repérer!»
C'était inévitable: les frustrations d'une minorité d'immigrés français désillusionnés ont fini par déborder sur l'Internet. Salement. Yann Takvorian a vécu 12 ans au Québec avant de retourner en France, il y a quelques mois. Là-bas, raconte-t-il dans son site, immigrer-contact.com, il se sent «plus homme» et n'a plus à «baisser la tête comme avant, devant ces matrones misandres qui conduisent cette province».
Le site de M. Takvorian compte des dizaines de témoignages, parfois très virulents, d'immigrés déçus de leur expérience au Québec. Ils y critiquent la xénophobie ambiante, le corporatisme des ordres professionnels, le système de santé tiers-mondiste, les ratés de la réforme scolaire.
Bien que très marginaux, des sites comme celui-ci ou comme bienvenue-au-quebec.com, encore plus venimeux, servent de défouloir à ceux qui avaient cru trouver ici un eldorado mais qui se sont butés à une réalité moins rose, dit M. Perez. «Ils y ont cru, ils ont voulu et, finalement, ils se sont rendu compte que ce n'était pas possible.»
Pour la plupart des Français, le vrai problème reste la non-reconnaissance de leurs diplômes au Québec. «Le gouvernement sélectionne ses immigrants qualifiés sur leurs diplômes, mais les ordres professionnels leur interdisent le droit d'exercice et le gouvernement s'en lave les mains. J'ai vécu dans 10 pays, j'ai été ingénieur partout sauf au Québec», dénonce M. Takvorian, joint par téléphone.
«La plupart des gens sont déçus de la situation, confirme M. Hairaud. Ils ne comprennent pas pourquoi c'est si compliqué alors qu'on les a sélectionnés justement sur la base de leurs diplômes et de leur expérience.» Mme Manauté, 60 ans, en rage encore: «Vous nous traitez comme si nous sortions de l'école!»
En juillet, le premier ministre Jean Charest a promis de régler le problème pour fêter le 400e anniversaire de la fondation de Québec, l'an prochain.
«Si on règle effectivement ce problème, le flux migratoire français va être beaucoup plus dense», prédit M. Lubrina. D'ici là, ajoute-t-il, le Québec restera plutôt une porte de sortie pour les immigrés déçus. «Dans mon entourage, au moins la moitié sont partis», soutient M. Claret. Comme beaucoup d'autres, il affirme que «70% des Français retournent dans leur pays». Mais personne ne peut fournir une étude pour appuyer ce taux d'échec astronomique.
Depuis des années, la proportion de Français qui retournent en France fait l'objet d'une importante controverse. «Il y a une forte légende urbaine à ce propos», déplore M. Fradette. Selon le Ministère, qui jumelle ses données avec celles de la régie de l'assurance maladie, seulement 20% des Français quittent la province.
Mais si le Québec reste sourd aux doléances de la communauté française, il risque d'en payer le prix, soutient M. Lubrina. «La réputation du Québec commence à être altérée par les propos que tiennent les immigrés frustrés qui rentrent au pays. Cela va devenir contre-productif pour le Québec.» Déjà, ces griefs ont trouvé écho en août dans un article du Wall Street Journal en ligne, intitulé Les échecs de l'immigration française au Québec: aller simple vers les problèmes?
«Ici, en France, quand je parle du Québec, soit on me dit qu'on y est allé en vacances, soit on connaît plein de monde qui en est revenu dans la misère et la rage. Ce n'était pas comme ça il y a 15 ans, affirme M. Takvorian. Le Québec n'est pas le pays de cocagne qu'on leur a vendu.»
Pour Rodolphe Claret, le rêve a pris fin depuis longtemps. Et le réveil a un goût bien amer. «J'ai perdu trois ans de ma vie.»
------------------------------------------------------------------
dimanche 25 janvier 2009
Dico du Q du voyageur !
Un p'tit bonhomme dénommé Georges Lebouc, professeur universitaire, a eu l'idée plutôt coquine de répertorier tout un vocabulaire érotique de la francophonie. A ce sujet, il semblerait que les québécois soient très forts à ce petit jeu en ayant à leur actif pas moins de 18 mots pour évoquer le sexe masculin !
Si cela vous intéresse, vous pouvez lire l'article sur Libé un peu plus en détail par ici ---------> http://www.liberation.fr/vous/0101314342-dico-du-cul-voyageur
Merci à Céline et Fred qui m'ont fait prendre connaissance de cet article.
Si cela vous intéresse, vous pouvez lire l'article sur Libé un peu plus en détail par ici ---------> http://www.liberation.fr/vous/0101314342-dico-du-cul-voyageur
Merci à Céline et Fred qui m'ont fait prendre connaissance de cet article.
Ouverture de valise et dernière ligne droite au travail...
La dernière étape "amazonienne" au travail est franchie puisque je peux enfin compter les jours qu'il me reste à travailler sur les doigts d'une seule main pile poil ! 5 jours ! Et le temps va sûrement sembler se dilater, s'étendre, se rallonger heure par heure, minute par minute et seconde par seconde. Mais le moment de l'exultation n'est plus si loin que ça !
Aujourd'hui, je me décide à ouvrir ma première valise afin d'affronter ce vide que je ne sais pas encore comment combler de la façon la plus stratégique qui soit tout en ne dépassant pas les 23 kgs par valise (2 valises) de bagages autorisés en soute sur la compagnie British Airways. Bien des choses vont me manquer dans ma chambre. Ce n'est pas évident car toutes ces choses me sont familières et quelques part me sécurisent car elles sont empreintes de pleins de repères, de souvenirs. Mais partir c'est aussi accepter de laisser des choses derrière soi. C'est donc une étape importante et symbolique que de remplir cette valise. C'est aussi peut-être pour cela que je cherche un peu à la repousser !... Cependant, si je m'attèle un peu tous les jours à la tâche, je ne serai pas obligée de le faire la veille du départ en catastrophe. Les actions à la dernière minute, ça a toujours été mon fort ! ... Allez, en avant NOW !!!
Aujourd'hui, je me décide à ouvrir ma première valise afin d'affronter ce vide que je ne sais pas encore comment combler de la façon la plus stratégique qui soit tout en ne dépassant pas les 23 kgs par valise (2 valises) de bagages autorisés en soute sur la compagnie British Airways. Bien des choses vont me manquer dans ma chambre. Ce n'est pas évident car toutes ces choses me sont familières et quelques part me sécurisent car elles sont empreintes de pleins de repères, de souvenirs. Mais partir c'est aussi accepter de laisser des choses derrière soi. C'est donc une étape importante et symbolique que de remplir cette valise. C'est aussi peut-être pour cela que je cherche un peu à la repousser !... Cependant, si je m'attèle un peu tous les jours à la tâche, je ne serai pas obligée de le faire la veille du départ en catastrophe. Les actions à la dernière minute, ça a toujours été mon fort ! ... Allez, en avant NOW !!!
samedi 24 janvier 2009
Soirée de départ avec Céline et Fred...
Merci à vous ma petite Roberte et mon piti Fredinou de vous être déplacés de Chartres jusqu'à Orléans pour me faire un dernier coucou avant que je partes ! Ca a été l'occasion de se remémorer pleins de choses et également de se remplir la panse au Madras après être allés boire un verre au Hendrix Pub.... Mais non ma tite Célinette, tu n'es pas une vieille mamie parce-que tu as pris un thé au lieu de prendre une bière comme nous... Encore, tu aurais pris une verveine, là j'aurai crié au scandale honteusement scandaleux ! Une verveine entre deux bières, imagine le drame diplomatique ! Heureusement, tu as su trouver ta limite !
Pour ce qui est de toi Fred, je pense que tu ferais un farouche concurrent à Flora l'année prochaine au concours de grimaces. Qui sait, s'il y a une section "duo", vous pourriez peut-être bien casser la baraque ! Affaire à suivre...
Faites attention aux épices digestives après le repas, c'est un peu comme les cacahuètes sur un comptoir de bistrot ! C'est légèrement goûtu et salé ! ... Pas besoin de mots, la tête de Fred exprime tout !
... En tout cas, un grand merci à vous pour ce moment. Même si on ne se voit pas régulièrement, je prends toujours un énorme plaisir à vous voir et à rire avec vous. Et je n'omettrai pas de transmettre les documents classés Top Secret à la personne concernée ;-)
PS : Sales djeun's, arrêtez de vous la péter avec vos 5 semaines de congés payés ! Y'en a qui vont bosser dur ces prochaines années !... Mais qui sait, les sous gagnés durement permettront de vous retrouver en Corée du Sud pour l'anniversaire du boudha et le festival de la boue ;-)
Pour ce qui est de toi Fred, je pense que tu ferais un farouche concurrent à Flora l'année prochaine au concours de grimaces. Qui sait, s'il y a une section "duo", vous pourriez peut-être bien casser la baraque ! Affaire à suivre...
... En tout cas, un grand merci à vous pour ce moment. Même si on ne se voit pas régulièrement, je prends toujours un énorme plaisir à vous voir et à rire avec vous. Et je n'omettrai pas de transmettre les documents classés Top Secret à la personne concernée ;-)
PS : Sales djeun's, arrêtez de vous la péter avec vos 5 semaines de congés payés ! Y'en a qui vont bosser dur ces prochaines années !... Mais qui sait, les sous gagnés durement permettront de vous retrouver en Corée du Sud pour l'anniversaire du boudha et le festival de la boue ;-)
Dans l'ambiance hivernale québécoise...
Un peu de son et un peu d'images pour se mettre dans l'ambiance hivernale québécoise (C'est surtout pour que psychologiquement, je tente de m'y préparer mais je crois que je ne le serai jamais ! Va falloir que j'affronte ce froid, que je le veuille ou non. Il faudra me pousser de l'avion d'un bon coup de pied au derrière !!).
----> Une song que j'aime bien de Malajube (band québécois of course !) et qui s'appelle "Montréal -40°c" (en espérant que ça n'atteigne pas cette température quand j'arrive) : http://fr.youtube.com/watch?v=DbU7BXLI-qE
----> Une photo très enneigée que Rolland et Huguette, les parents de mon Rick, m'ont envoyé. Je me suis demandée s'ils ne cherchaient pas à me faire peur ;-) (Voir ci-dessus)
Laisser un commentaire...
Pour ceux qui souhaitent laisser un commentaire, quand vous publiez votre message, il faut avant tout choisir un profil. Pour plus de facilité, vous pouvez choisir "Nom/Url" et écrire simplement votre prénom ou pseudo. Oui ça parait évident mais si ma Roberte n'avait pas été dans le coin pour me l'expliquer, je chercherais toujours en ce qui me concerne. C'est que le blog, il n'est pas accompagné d'un mode d'emploi !
Inscription à :
Articles (Atom)
